Arnaud Grappin, né à Fresnes en 1972, a passé son enfance entre Les Ulis, Orsay, Palaiseau dans la banlieue parisienne.
À 17 ans, il commence des études d'art graphique, cherchant d’abord sa voie entre la publicité, l'illustration, la bande dessinée. Après avoir suivi les cours d’écoles d'art graphique parisiennes, il part à Lyon suivre l’enseignement de l'école Emile Cohl pour y apprendre aussi les techniques classiques du dessin et de la peinture. Après l’obtention de son diplôme, il revient dans la région parisienne. Il commence à peindre sur toile, à l’huile, et découvre là son meilleur moyen d’expression. Il expose pour la première fois dans une galerie de la rue Quincampoix en 1999. Depuis il a exposé régulièrement son travail, participant à des salons ou exposant son travail dans des galeries. Il a ainsi effectué une vingtaine d’expositions.
Par sa palette à la fois vive et nuancée, par ses thèmes, ses personnages, la peinture d’Arnaud Grappin dégage une énergie qui ne laisse pas indifférent. Elle nous touche, nous étonne, nous inquiète parfois aussi car elle nous parle de nous, de nos doutes, de nos interrogations, de notre imaginaire… Elle nous parle de notre devenir dans ce monde de l’Internet, de l’information sans frontière qui nous donne à voir le monde en direct. Dans cette agitation quotidienne des sollicitations et des émotions, la peinture d’Arnaud Grappin est le miroir de ses pensées, elle est parfois aussi le miroir des nôtres.
On découvrait dans ses premiers tableaux l’agitation du monde, représentée dans un burlesque déjanté où l’humour et la révolte, la violence parfois s’entrechoquaient (La psychanalyse de la superstar, L’homme tricote et la femme machine, Mister B, Révolution 1, Révolution 2, Le cri, La gifle…). Puis il est revenu sur notre mythe fondateur, Eve, la pomme, le serpent, le jardin d’Eden….
Certains thèmes, ou signes, reviennent souvent dans les tableaux d’Arnaud Grappin. Des têtes, des masques qui peuvent être le sujet principal comme dans les Identiks, visages sans contours se perdant dans l’infini, dont le regard presque seul vous fixe dans la crainte, le tourment. Mais des visages peuvent aussi se cacher dans l’arrière-plan d’une scène, c’est alors l’enfance qui vous revient comme un jeu de cache-cache, comme une histoire enfantine racontée.
La quête d’Arnaud Grappin semble être de traquer sur les visages les énergies invisibles, de montrer les tensions intérieures, l’état intime (La parole rétablie), les connections entre l’être et le monde. Ainsi Atom est un personnage central, comme souvent dans la peinture d’Arnaud Grappin, montré frontalement, icône moderne, qui porte sur la face la marque de flux d’énergie. Sur le crâne, des arborescences relient la pensée à l’Univers. L’énergie que nous dégageons dépasse notre enveloppe charnelle. La peinture d’Arnaud Grappin nous en propose parfois une représentation dans des décors réels ou fantastiques, tout comme Arnaud Grappin peut aussi nous montrer l’intérieur des corps dans une représentation fantasmagorique.
La peinture d’Arnaud Grappin n’est pas sans référence. Si certains y retrouvent l’héritage des artistes de BD, on peut y retrouver aussi l’héritage des plus grands, plus anciens. Ceux qui constituent son panthéon, ceux en qui il se reconnaît, qui le guident dans son travail quotidien, sur lequel il prend appui, sont de toutes les générations, de toutes les époques, de toutes les tendances : Klimt, Guimard, Mucha, Michel Ange, Léonard de Vinci, Gérôme Bosch, Moebius, Giger, Lucian Freud, Bacon, Beksinsky, Di Maccio …
Un travail à découvrir et à suivre. Arnaud Grappin travaille dans son atelier d’Orsay où l’on peut lui rendre visite.